La chose la plus importante que j’ai apprise en 4 années aux Etats Unis

In: Autour du blog

9 août 2012

Vendredi, cela fera exactement 4 ans que je suis aux Etats-Unis (wouhou !), et pour célébrer ça, je voulais écrire un article qui se serait intitulé « 4 choses que j’ai apprises en 4 années aux Etats-Unis », mais plus j’y réfléchissais, plus je trouvais que finalement, tout ce que j’ai appris peut se résumer en une seule chose.
Comme cet article est plus long que la normale, il est illustré de quelques photos.

Tout d’abord, quand je suis partie il y a 4 ans, je ne savais presque rien des Etats-Unis. Je ne faisais pas partie des français qui admirent béatement les Américains pour leur « esprit d’entreprise » ou leurs innovations techniques, loin de là. Je ne faisais pas non plus partie de ceux qui pensent que les Américains sont majoritairement des obèses qui ne connaissent rien au fromage. En fait, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, et effectivement, je n’aurais pas pu imaginer ce que j’allais découvrir.

Plusieurs choses m’ont poussé à partir à l’époque. D’une part, je voulais absolument perfectionner mon anglais, parce que mes deux années en entreprise m’avaient montré que ceux qui obtiennent les postes les plus intéressants sont ceux qui parlent le mieux anglais. D’autre part, je voulais décrocher un diplôme d’une université américaine (la meilleure dans mon domaine tant qu’à faire), pour pouvoir postuler plus facilement dans des postes à l’étranger.
Enfin, la dernière raison, et sans doute la plus importante, c’est que je voulais prendre l’air. J’avais 22 ans, je venais d’obtenir mon diplôme d’ingénieur, je sortais de deux années en alternance dans une jeune entreprise à Paris et je ne me voyais pas du tout commencer la vraie vie active, celle où tu es en face d’un ordinateur 8 heures par jours, 5 jours par semaine.

Au début, j’étais partie pour un an et demi. Je m’y suis plu, on m’a proposé de rester, j’ai accepté. Ce qui fait que je suis toujours là.
Au début, comme tous les jeunes qui s’expatrient, j’ai essayé de maximiser mes expériences : j’étais de toutes les sorties du club de rando de l’université, j’emmenais mes amis faire de l’escalade, je prenais l’air donc ;-)

Et puis un jour, on mûrit.

L’énorme différence par rapport à mes études en France, c’est que j’étais soudain avec plein de jeunes (et pas mal de moins jeunes) de culture complètement différente. Ne nous voilons pas la face, le brassage culturel en école d’ingénieur, c’est malheureusement assez limité.
Là, dans mes amis je compte des Indiens surmotivés, qui m’expliquent que pour pouvoir partir étudier aux Etats-Unis, il faut être parmi les meilleurs (et être parmi les meilleurs de plus d’un milliard d’habitant, ça demande pas mal de travail). Un Chilien qui retourne  aux études après 8 ans de bons et loyaux services au VLT (et retourner à l’école après 8 ans de boulot, ça demande également du travail). Un Allemand qui ne cale rien en maths, mais qui veut absolument avoir son doctorat (un doctorat en physique quand on ne cale rien en maths, ça demande du travail).
Je pourrais continuer la liste, mais je pense que vous commencez à comprendre où je veux en venir : je me suis retrouvée entourée de gens qui travaillent comme des fous pour concrétiser un rêve. Alors que jusqu’ici, j’étais surtout entourée de gens qui étaient ingénieurs « parce qu’ils étaient forts en maths au lycée ». Un peu comme moi quoi.

Jusqu’ici je n’avais jamais compris qu’on pouvait travailler dans un domaine auquel on ne connaît rien. Ou dans lequel on n’est a priori pas fort dès le début. J’avais bien intégré tout un tas de poncifs comme « on n’a jamais fini d’apprendre », « on peut apprendre à tout âge », mais ça n’avait jamais été aussi concret que ça l’est aujourd’hui.
Je pensais que pour apprendre quelque chose il fallait des prédispositions, en fait il n’en est rien. On peut tout apprendre.

Depuis 4 ans, j’ai appris tout un tas de trucs plus ou moins utile : faire du pain, parce que je ne trouvais pas de boulangerie, les règles du baseball et du football américain, construire un igloo, faire des macarons pour impressionner les amis, j’ai construit un lit superposé, puis je l’ai reconverti en lit normal, j’ai fait un potager, j’ai commencé une remorque pour mon vélo, j’ai appris à construire un ordi de A à Z…

On m’a confié un projet de fou, ce qui aurait été inimaginable en France, j’ai fait de la conception mécanique alors que je ne suis pas un ingé mécanique, j’ai écrit des milliers de lignes de codes et appris 4 nouveaux langages, alors que je ne suis pas un ingé informatique, je viens de passer deux mois à développer un pilote pour une carte d’acquisition, alors que je n’y connaissais rien il y a deux mois…

J’ai découvert les finances personnelles, en deux ans je me suis constitué un beau petit capital, alors qu’il y a deux ans une telle somme me paraissait inatteignable. Et j’ai même commencé un blog sur le sujet. ;-)

Et j’ai maintenant deux autres projets dans les cartons, qui vont m’obliger à apprendre encore bien plus de choses.

En fait jusqu’ici j’avais du mal à me lancer dans des trucs nouveaux. J’avais trop peur de me planter, de réaliser que ça ne me plaît pas, de perdre de l’argent… Mais maintenant je pense que se planter fait souvent partie du processus d’apprentissage. On crée rarement quelque chose qui marche du premier coup, ni quelque chose de super sophistiqué dès la première tentative. Pareil pour comprendre un concept nouveau, pour certains ça parait évident, pour d’autres il faudra plus de temps.

Bref, fin du monologue, il est temps de conclure ! Ce que j’ai appris, c’est qu’on peut tout apprendre, et que le plus important, c’est de commencer. Et ça vaut pour tous les domaines, y compris les finances personnelles !

Partir aux Etats-Unis a été une des meilleures décisions que j’aie prises jusqu’ici. Pas parce que c’est les Etats-Unis, mais parce que j’y ai découvert un truc fondamental : tout est possible.

14 Responses pour La chose la plus importante que j’ai apprise en 4 années aux Etats Unis

Avatar

FlorianL

août 9th, 2012 at 14:18

Très beau résumé je trouve :)

Effectivement, on peut tout apprendre, il suffit de le vouloir…et bien entendu de commencer :)
D’ou la célèbre phrase: on n’as jamais finis d’apprendre.

Je ne suis pas aux USA mais au Québec, et j’ai un peu le même ressenti comparé à la France.
Je suis persuadé que la meilleure expérience que l’on peut faire en étant étudiant (ou en fin d’études) est de partir au moins un an à l’étranger.

Au fait, juste comme ça, tu attend ta Green Card maintenant ou tu compte rentrer un jour ?

Avatar

Lucie

août 9th, 2012 at 16:31

très joli billet très inspirant :-) .
Happy 4th anniversary In this amazing country called the USA :-) .

Avatar

Zakari

août 10th, 2012 at 06:18

Salut,

J’ai adoré ton article! On me dit souvent qu’au Usa, on regarde plutôt les compétences et les aptitudes que le nom de ton école. Il est plus facile entreprendre quelque chose la bas qu’en France.

Ce que j’apprécie, c’est le faite que tu es surement partie sans préjugés ce qui ta permis plus facilement, de te lancer dans ce voyage. Je pense que nous humain, ne nous somme pas fait pour rester toujours au même endroit.

Changer d’air c’est important. ;)

Avatar

Mathieu Bouville

août 10th, 2012 at 10:54

C’est étonnant de voir la proportion d’auteurs de blogs ou livres sur les finances personnelles ayant une formation d’ingénieur. Et combien ont fait leur propre pain (ainsi que leur propre hydromel dans mon cas) quand ils étaient aux États-Unis.

Mathieu Bouville, PhD
auteur du livre « Votre argent mérite de vous rapporter plus »

Avatar

Lucie

août 12th, 2012 at 15:50

Aufait t’es ingé en quoi si c’est ni en mécanique ni en informatique ? :)

Avatar

Cécile

août 14th, 2012 at 00:39

@Mathieu Bouville : je partage le constat sur la proportion d’ingénieurs parmi les blogueurs en finance personnelle. Je ne sais pas à quoi c’est du !

@Zakari : j’avais sans doute des préjugés. En particulier sur l’alimentation… et effectivement, tu n’as pas toujours de bonnes surprises ici !

@FlorianL : oui, partir à l’étranger pendant les études ou en fin d’études c’est une excellente expérience. Mais ce n’est pas toujours facile. Je crois que dans certaines écoles c’est obligatoire pour obtenir le diplôme. Ca me paraît un peu excessif.

@Lucie : bah alors ?

Avatar

Rudolf Kiefer

août 14th, 2012 at 06:35

Voici une jolie phrase qui résume cet article: « Tout est à prendre, à apprendre. » Vous voulez devenir riche, apprenez à devenir riche. Vous voulez être en bonne santé, apprenez à avoir la santé. Vous voulez être heureux, apprenez à être heureux.

Avatar

Lucie

août 14th, 2012 at 12:13

bah alors quoi ?

Avatar

Mathieu Bouville

août 15th, 2012 at 07:22

« partir à l’étranger pendant les études ou en fin d’études c’est une excellente expérience. Mais ce n’est pas toujours facile. »

Ce que Cécile ne dit pas (peut-être parce qu’elle n’en a pas conscience, c’est que le retour est plus difficile que le départ). Notamment pour les postes universitaires, quand bien connaître le jury importe plus que de bien connaître sa discipline. Et allez obtenir un entretien d’embauche à Paris quand vous habitez Des Moines, IA ou Birmingham, AL

Mathieu Bouville, PhD
auteur du livre « Votre argent mérite de vous rapporter plus »

Avatar

Jérémy

août 19th, 2012 at 23:09

Bel article, très motivant. On est galvanisé après lecture ! ; )

Avatar

Cécile

août 20th, 2012 at 16:54

Merci Jérémy !

Avatar

Guillaume

août 23rd, 2012 at 17:15

Après une année passée là-bas j’approuve totalement ce que tu dis :-) J’ai hâte de retourner y vivre à vrai dire.

Avatar

Pierre-Antoine

octobre 15th, 2012 at 20:23

Salut Cécile,

Je viens de lire ton article. Tu as parcouru un sacré chemin durant ces années!

Avoir deux (même plusieurs si tu côtoies différentes autres cultures) visions du monde c’est vraiment une chance ;) Je suis à la recherche d’un VIE pour l’année prochaine peut-être que cela m’emmènera vers les États-Unis!

En tout cas pour les quelques approches et connaissances que j’ai sur la culture des États-Unis, notamment celle du business, ce n’est pas comparable avec la France sur plusieurs sujets.

Bonne continuation à toi aux states!

Pierre-Antoine

Avatar

Cécile

octobre 17th, 2012 at 03:56

Merci de ton passage Pierre-Antoine ! J’ai quelques amis qui ont fait des VIE à la fin de l’école, surtout en Chine et à Singapour. Mais même les Etats-Unis c’est dépaysant !
En tous cas, une bonne chose à faire pour « grandir » !

Laissez un commentaire !

Au sujet du blog

Le blog "La Tirelire de Cécile" est un blog de finances personnelles. Il s'adresse à tous ceux qui débutent dans la gestion de leur argent. L'objectif est d'expliquer simplement les méthodes qui vous permettront d'épargner efficacement et d'atteindre vos objectifs financiers !

Restons Connectés

  • Suivez Moi sur Twitter
  • Cécile: Merci Elise pour ce commentaire ! 12% d'épargne, c'est déjà un bon chiffre, 20% c'est un très bo [...]
  • Elise: Pour ma part j'epargne a la fin de chaque mois. Je sais quel est mon budget pour chacun des postes d [...]
  • Jos: Salut, je vois qu'il n'y a plus de nouveaux billets? C'est bien triste tout ça :-( ! Où en sont [...]
  • Floride: c'est assez original de penser aux dons dans son budget, mais le votre me parait illustratif d'une s [...]
  • Henriette: Waouh! Si tu parviens à atteindre des objectifs dans le loisir, je te demanderai conseil à la fin. [...]